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“Tout est possible à qui ose, rêve, travaille et n’abandonne jamais. ”

Bee Magazine/Essence

Languichatte Debordus, à jamais dans nos cœurs !

De son vrai nom Théodore Beaubrun, Languichatte est un humoriste, dramaturge Haïtien, père de cinq enfants dont Immacula, René, Agnès, Simone. Né en 1918 et mort en juin 1998 du Parkinson. 

La troupe des «Languichat» fondée en 1942 a bel et bien fait sensation dans les années 40. Diffusée sur la TNH (Télévision nationale d’Haïti), cette série parue sous forme de pièce de théâtre était aimée de plusieurs. 

En cette même année suite à la formation de la troupe leur première pièce titrée « Mariage Languichatte » est jouée au sein du Rex Théâtre sise aux champs de Mars.

Secouée par le tremblement de terre en 2010, l’une de nos plus anciennes et grandes salles de cinéma est maintenant synonyme des écuries d’Augias. Hélas ! 

Ses fidèles acteurs l’accompagnaient dans ses réalisations : Azibe, Mantoute, Mélanie, Barnabé et lui-même incarnant la peau de Languichatte Debordus le chef de famille. Des personnages à la hauteur, des costumes innovants, des cadres qui relatent l’Haïti d’antan tout était au plaisir du rire. 

Languichatte Debordus tantôt enseignant journaliste, dramaturge, chanteur était doté d’une telle finesse et d’une habileté dans ses réalisations que certains critiques lui valaient le nom de «Molière Haïtien ». 

Ce dernier a fait ses études classiques de la première à la 6ème au Petit Séminaire Collège Saint Martial. Tout semble destiner notre artiste au théâtre car depuis son jeune âge il écrivait un petit journal hebdomadaire paru sur feuille de papier jusqu’à ce qu’un professeur le ferma vu qu’il critiquait les méthodes d’enseignement. 

De là étant, sa passion grandit un peu plus chaque jour. Il est auteur de plusieurs œuvres haïtiennes dont Mariage Languichatte, Lavi nan nouyòk, la haine au service de l’amour, un drôle de député et plein d’autres encore. Pour la plupart, ces dernières lui ont valu par leur réussite les scènes européennes.

Derrière ce personnage aux chemises à imprimés fleuris et aux pantalons ¾ se cachait un grand homme. Ces réalisations relataient les vécus populaires haïtiens, nos mœurs et coutumes ce qui faisait la quintessence du charme de ses œuvres, c’est sa façon de vivre ses pièces. Il incarne la peau de ses personnages avec une telle aisance qu’on a l’impression de les vivre nous aussi derrière nos écrans en noir et blanc, sans oublier sa façon de critiquer la vie sociale. 

Qui se souvient de ces soirées blanches passées derrière nos écrans chaque vendredi à mourir de rire à chaque phrase de ce fameux humoriste ? 

Les commérages de Azibe et Mélanie qui nous laissaient sans voix ? Lorsque certainement nous laissions nos tâches ménagères rien que pour regarder un épisode. 

Si le vent froid de la mort n’avait pas frappé à sa porte il aurait eu 103 ans ans d’existence. Déjà 23 ans depuis que ce grand homme nous a quitté. Un grand homme non pas parce qu’il a réalisé de grandes choses ou parce qu’ il a apporté une ère nouvelle au théâtre populaire Haïtien mais par ce qu’il ne s’est pas tû en ce qui concerne les conditions de vie des masses, il n’a pas passé sous silence ces abus mais a conscientisé en quelques mesures ses supérieurs et même ses confrères par son œuvre qui pouvaient rallier les cœurs désunis par les intérêts immédiats ou par les rivalités. 

Sa présence nous manque mais je peux dire à la manière de Michel Butor que “Chacune de ses pièces est une victoire contre la mort”. Theodore Beaubrun, bien que mort ses œuvres respirent encore. 

Comment pourrions nous oublier le roi du rire ?

Qui comblera ce vide laissé par notre bien aimé ?

À vous, les nouveaux visages du rire de marcher sur ses traces, de réécrire l’histoire et perpétuer la tradition .

Soyez comme lui, de grands hommes et de grandes femmes !


Rubrique Essence/Mildred Carla Durogène !


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